Madagascar et Nosy Be : la beauté qui oblige à regarder certaines situations en face

Madagascar et Nosy Be : ce qu'on ne peut pas faire semblant de ne pas savoir

Il y a des destinations qui font quelque chose à ceux qui les découvrent. Pas seulement par leurs paysages mais surtout par ce qu’elles dégagent. La manière dont les gens regardent, sourient, prennent le temps. Madagascar est de celles-là.
 
La biodiversité y est unique au monde : 90% des espèces animales et végétales qu’on y trouve n’existent nulle part ailleurs. Les baobabs du Menabe, les caméléons du Ranomafana, les paysages lunaires de l’Isalo, les forêts de l’Ankarafantsika. C’est un territoire qui demande du respect presque instinctivement. Et la population malgache, dans sa grande majorité, a une réputation d’hospitalité et de douceur que ceux qui y sont allés confirment sans hésiter.
 
Nosy Be, au nord-ouest, est la première destination touristique du pays. Une île de 321 km², des eaux turquoise, des fonds marins préservés, une végétation dense et parfumée , ylang-ylang, vanille, cannelle. Elle concentre plus de la moitié des touristes étrangers qui visitent Madagascar chaque année.
 
Et elle concentre aussi autre chose. Quelque chose que le secteur du voyage préfère souvent ne pas nommer.

Ce qui se passe à Nosy Be

Le tourisme sexuel à Madagascar n’est pas un phénomène marginal. À Nosy Be, il est documenté, étudié, dénoncé par les organisations internationales depuis les années 1990 sans que la tendance se soit inversée.
 

Les chiffres sont difficiles à lire.

Selon le centre Vonjy, structure hospitalière qui accompagne les mineurs victimes de violences sexuelles, 40% des jeunes filles de Nosy Be ont eu leur premier rapport dans la prostitution.

Une étude menée pour l’ONG Groupe Développement établissait ce taux à 42% dès 2012. L’ECPAT, organisation internationale de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants, indique que la plupart des enfants concernés ont commencé entre 13 et 17 ans. Nosy Be concentre à elle seule 33% des cas d’exploitation recensés à Madagascar.

 

Ces chiffres ne parlent pas d’une pratique cachée dans des marges invisibles. Ils parlent d’une réalité intégrée à l’économie de l’île, visible dans certains quartiers d’Ambatoloaka, tolérée par une partie des acteurs locaux faute d’alternatives économiques crédibles.

Comprendre les causes sans disculper

Ce qui s’est passé à Nosy Be ne s’explique pas par une défaillance morale locale. Ça s’explique par une succession de chocs économiques qui ont laissé une population sans filet.
 
Dans les années 1990, les programmes d’ajustement structurel ont provoqué des vagues de licenciements massifs. Le chômage s’est installé durablement, une part significative de la population de Nosy Be vit aujourd’hui avec moins d’un dollar par jour. Des familles entières ont perdu leurs revenus, des jeunes, en particulier des jeunes femmes, ont convergé vers l’île attirés par la présence des touristes étrangers et l’espoir d’une échappatoire économique.
 

Jean-Claude de Bikiny, administrateur adjoint de l’île, déclarait se battre contre ce problème depuis 1990. Des ONG françaises, ECPAT, Acting For Life, Groupe Développement,  y travaillent avec le soutien de l’Agence française de développement.

Le cadre légal existe : le tourisme sexuel est interdit à Madagascar, puni de 5 à 10 ans de prison, et la France applique sa juridiction extraterritoriale pour poursuivre ses ressortissants. Mais l’application reste très limitée face à l’ampleur du phénomène et à la fragilité des institutions locales.

 
Ce n’est pas une situation sans issue, mais elle ne se résout pas sans que les touristes qui choisissent cette destination en soient conscients.

Ce que ça change pour un voyageur

La première question qu’on pourrait se poser : est-ce qu’il faut aller à Madagascar ? La réponse n’est pas simple.
 
Éviter Madagascar par principe ne protège personne sur place. Ce qui fait la différence, c’est la façon d’y aller et l’argent qu’on y laisse, et à qui.
 
  • Un hébergement qui emploie du personnel local à des salaires décents.
  • Un guide certifié qui connaît son territoire et en vit dignement.
  • Des prestataires d’activités ancrés dans les communautés locales.
  • Une attention aux situations qui posent question et le fait de ne pas les ignorer.

Ce n’est pas une liste de bonnes pratiques abstraites. C’est ce que signifie concrètement voyager de façon responsable dans un territoire vulnérable.

 

Madagascar a un potentiel exceptionnel pour l’écotourisme, sa biodiversité unique, ses réserves naturelles, ses communautés rurales riches de traditions.

Ce potentiel existe, il demande juste qu’on choisisse d’y contribuer plutôt que de l’ignorer.

Pourquoi je parle de ça

Parce que je ne peux pas préparer un voyage à Madagascar, ou l’évoquer comme destination, sans que cette réalité soit posée clairement. Ce n’est pas mon rôle de décider à la place de mes clients de ce qu’ils choisissent. Mais c’est mon rôle de m’assurer qu’ils partent en sachant.
 

Un voyage de sens, ça commence par ça : regarder un territoire dans sa totalité. Sa beauté et ses tensions, ce qu’il offre et ce qu’il demande en retour.

 
Si Madagascar est un projet, pour sa biodiversité exceptionnelle, pour ses paysages, pour la rencontre avec une culture singulière, je peux construire un itinéraire qui tient compte de tout ça. Un voyage qui contribue à quelque chose de juste sur place, pas qui l’aggrave.
 
L’appel découverte est gratuit, et cette conversation-là, elle fait partie du travail.
 
→ Réserve ton appel découverte sur just-intravel.com

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